S3E09 : Celle qui est toute tourneboulée

Au-dehors, la neige tombe à gros flocons depuis désormais trois jours. C’est à croire que le gang des mères désespérées du patelin, fortement déçu du verdict du juge Robert, a décidé dès lors de punir le reste des habitants en leur faisant choir sur la truffe poudreuse, froid et vent polaire. Il est une heure du matin, et le petit village de Verlan roupille du sommeil du juste. Enfin, pour la plupart. Certains zonzonnent, d’autres se battent avec leurs couvertures. Les possesseurs de cheminée ont même le bonheur de transpirer à grosses gouttes sous une chaleur suffocante. Mais une seule personne n’arrive pas à dormir. Elle n’a ni chaud ni froid. Elle ne se dispute avec personne, et bien entendu, n’a pas vraiment la chance de pouvoir ronfler. Non, son problème, c’est que son cerveau tourne à plein régime. 

Apolline, au fond de son lit, tourbillonne encore et encore. Et peine à trouver le sommeil. Et à chaque fois qu’elle le débusque, c’est la même histoire.

Alors que Wilma-Jane et Angus sont partis un peu plus tôt, elle reste pour finir son verre de bière, tout en repensant aux péripéties de la journée. Elle paye, puis sort du pub. Les mains dans les poches, le nez engoncé dans son écharpe, elle se prépare à affronter les dix minutes de froid qui la séparent de chez elle. Quand tout à coup, elle entend un grand bruit derrière elle.  

Elle se réveille en sursaut. 

Foutues insomnies. Elle se redresse, et se dirige vers son frigo pour boire une gorgée de lait de chèvre. Ça n’a jamais vraiment aidé à mieux dormir, mais ça lui fait du bien sur le moment, c’est déjà ça. Puis elle regarde son lit, puis ses toilettes, puis encore son pieu. Puis la fenêtre qui donne sur l’extérieur, et la neige qui tombe éclairée par l’éclat de la lune. Est-ce à cause de l’astre nocturne qu’elle ne trouve pas le sommeil ? Certaines légendes disent que des gens se sont transformés en loup-garou les soirs de pleine lune. Ici, pas de poils ni de griffes, mais Apolline tuerait volontiers en échange d’une nuit intégrale d’un bon repos réparateur. Elle a même une liste de nom à fournir au besoin. 

Une dernière gorgée de lait de chèvre, puis elle retourne se coucher. 

Alors que Wilma-Jane et Angus sont partis un peu plus tôt, elle reste pour finir son verre de bière, tout en repensant aux péripéties de la journée. Cette nouvelle, elle ne l’a pas encore annoncé au commandant, mais pour sûr, cela va tournebouler son esprit cartésien et beaucoup trop carré pour ce genre d’extravagance. Elle paye, puis sort du pub. Les mains dans les poches, le nez engoncé dans son écharpe, elle se prépare à affronter les dix minutes de froid qui la séparent de chez elle. Quand tout à coup, elle entend un grand bruit derrière elle. Elle se retourne… 

Nouveau réveil en sursaut. L’heure à sa montre marque deux heures douze. Bon sang, elle a pioncé que dalle en fait. Toujours les mêmes images, toujours le même rêve. Et pourtant, il y a trois jours, cela ne l’avait pas autant empêché de roupiller. Elle se retourne dans son lit, change le coussin de place, et tente à nouveau de s’endormir. Au loin, elle peut entendre le vent siffler. 

Alors que Wilma-Jane et Angus sont partis un peu plus tôt, elle reste pour finir son verre de bière, tout en repensant aux péripéties de la journée. Cette nouvelle, elle ne l’a pas encore annoncé au commandant, mais pour sûr, cela va tournebouler son esprit cartésien et beaucoup trop carré pour ce genre d’extravagance dont seul le petit village de Verlan est capable de fournir. Cette preuve va lui exploser à la figure, c’est sûr. Elle paye, puis sort du pub. Les mains dans les poches, la truffe engoncée dans son écharpe, elle se prépare à affronter les dix minutes de froid qui la séparent de chez elle. Quand tout à coup, elle entend un grand bruit derrière elle. Elle se retourne, pour distinguer une forme dans les airs, comme un gros ballon gonflé à l’hélium… 

Trois heures dix-sept… Cette fois-ci, elle se lève et va pointer son nez à la fenêtre. Peut-être que se changer les idées et apaiser son esprit est la solution à ce mal qui la ronge et la turlupine. Les toits en face d’elle sont tous d’un blanc immaculé. Ça va être super galère pour se rendre au boulot si le temps se maintient de la sorte. Apolline se surprend à émettre l’hypothèse de se servir de ce temps déplorable pour ne pas aller travailler demain. Et pourquoi pas ? Certains dans la Tour en faisaient même un sport, toujours trouver les prétextes les plus farfelus pour ne pas se pointer au turbin… La pluie, la neige, le vent… Elle se souvient qu’un jour, Antoine avait argüé une trop forte chaleur l’empêchant de s’éloigner de plus de 10 pas du premier point d’eau, au risque de tomber raide mort déshydraté. Évidemment, on l’a retrouvé ronflant contre le jukebox du bar de la place du village, une bouteille de rosé vide gisant à ses pieds, la musique beuglant à fond dans ses oreilles un vieux morceau de Johnny Cash.

De la musique, oui, et pourquoi pas ? Apolline se saisit de son lecteur mp3, et enclenche une playlist de bandes originales de films, quelque chose de calme et d’inspirant, qui saura surement faire bringuebaler son subconscient dans les nébuleuses plus propices à la dorme que la marée noirâtre des questionnements qui l’assaille. Une fois le son réglé correctement, elle retourne se coucher, encore.

Alors que Wilma-Jane et Angus sont partis un peu plus tôt, elle reste pour finir son verre de bière, tout en repensant aux péripéties de la journée. Cette nouvelle, elle ne l’a toujours pas annoncé au commandant, mais pour sûr, cela va tournebouler son esprit cartésien et beaucoup trop carré pour ce genre d’extravagance dont seul le petit village de Verlan est capable de fournir. Cette preuve va lui exploser à la figure, c’est sûr. Il va faire un arrêt cardiaque le navarque quand il va apprendre que trois-cents ans auparavant, le chef du village se prénommait Anthime… Elle paye, puis sort du pub. Les mains dans les poches, le nez engoncé dans son écharpe, elle se prépare à affronter les dix minutes de froid qui la séparent de chez elle. Quand tout à coup, elle entend un grand bruit derrière elle. Elle se retourne, pour distinguer une forme dans les airs, comme un gros ballon gonflé à l’hélium. On dirait un bonhomme en plastique. 

Un bouquin ! Il lui faut un bouquin ! La musique tourne encore, mais son cœur bat à nouveau la chamade. Alors un bouquin sera probablement l’ultime chose qu’il lui reste pour détendre son cerveau en ébullition. Elle ouvre le dernier en date qu’elle a emprunté « Y a-t-il un Français dans la salle? » de Frédéric Dard. Une histoire loufoque dans les méandres de la politique. Elle pensait que c’était une bonne idée, afin de s’imprégner avant les prochaines élections dont elle doit assurer la teneur parfaite, et la pérennité, puisqu’une fois son œuvre achevée, le commandant se retirera, et c’est Apolline, en tant qu’enfant du pays, qui sera chargé de la suite. 

Sauf qu’elle n’a pas fini, la moindre page que l’image de ce foutu livre d’archive lui revient en tête. Elle se revoit pointer du doigt la date : 1789. Impossible de l’oublier, c’est celle de la prise de la Bastille. Le récit narre l’histoire d’une poignée de révolutionnaires qui, au lendemain des évènements parisiens, ont voulu fomenter un complot pour destituer le leadeur en place. Quelques lignes plus loin, le nom de ce « leader » affleurait : Anthime. Est-ce le même ? Est-ce un autre ? Est-ce possible qu’au même poste, dans un village d’un millier d’âmes, apparaisse un type doté du même nom ? C’est trop gros pour être vrai, mais quand même. Anthime aurait-il plus de 500 ans ? On a bien une nana dont les cheveux s’illuminent, alors pourquoi pas un gars immortel ? 

Les larmes lui montent aux yeux. Elle pose son bouquin, va se passer de l’eau sur le visage, puis retourne se coucher. Encore. 

Alors que Wilma-Jane et Angus sont partis un peu plus tôt, elle reste pour finir son verre de bière, tout en repensant aux péripéties de la journée. Cette nouvelle, elle ne l’a pas encore annoncé au commandant, mais pour sûr, cela va tournebouler son esprit cartésien et beaucoup trop carré pour ce genre d’extravagance dont seul le petit village de Verlan est capable de fournir. Cette preuve va lui exploser à la figure, c’est sûr. Il va faire un arrêt cardiaque le triérarque quand il va apprendre que quatre-cents ans auparavant, le chef du village se prénommait Anthime… Elle paye, puis sort du pub. Les mains dans les poches, le nez engoncé dans son écharpe, elle se prépare à affronter les dix minutes de froid qui la séparent de chez elle. Quand tout à coup, elle entend un grand bruit derrière elle. Elle se retourne, pour distinguer une forme dans les airs, comme un gros ballon gonflé à l’hélium. On dirait un bonhomme en plastique, déguisé en rouge, avec une cape. Oui, une cape, mais avec un vrai type qui flotte et qui s’agite avant de se poser sur un toit et se planquer dans le renfoncement d’une cheminée.

Ce type, elle l’a reconnu, il s’agit de Norbert…

Elle se redresse de nouveau, trempée de sueur. Anthime, Norbert, le commandant Sylvestre… Tout ce petit monde semble vouloir s’installer dans son cerveau et y faire demeure. 

Déjà qu’Apolline n’était pas une grande dormeuse, mais depuis le verdict du juge Robert, elle ne pionce quasiment plus. La dernière fois qu’elle a eu des crises d’insomnie de ce genre, elle travaillait encore dans la Tour, Anthime était mort, ou mort vivant, enfin presque, et elle luttait à bras le corps pour faire la vérité sur cette sombre histoire, et essayer de mettre en place un ordre nouveau au sein du village. Un ordre plus moderne, et surtout, un ordre plus juste.

En fait, ce n’est pas le jugement qui l’a tant bouleversé. Voir un innocent s’en sortir, pour une fois, c’est même quelque part réjouissant. Surtout que ce brave coach sportif est sympathique. Bizarre, on ne le serait à moins quand on s’installe dans un bled perdu comme Verlan, mais sympathique. Non, c’est la collusion d’un tas d’informations qui viennent s’entrechoquer dans son cerveau. Elle a vu Norbert voler. Enfin, flotter à la façon d’un gros ballon gonflé à l’hélium. Encore un gars qui a un superpouvoir, un peu comme Violetta. Mais surtout, le juge Robert l’a confirmé : Norbert fait partie de la liste des enfants sans père que compte le village. Ils sont quatre désormais. Violetta, Jupiter, le coach, et elle-même. Et sur les quatre, la moitié ont des superpouvoirs !
Est-ce une coïncidence ?
Combien sont-ils les enfants sans père à être né au village ?
Et puis surtout, quel pouvoir totalement inopiné pourrait lui échoir sur le coin de la truffe ? 

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